HAUTES-ALPES : VISITE DE LA MINISTRE DE L'ÉCOLOGIE
Nelly et le loup (29/07/2005)
Par Rémi BORELÀ la demande de la députée Henriette Martinez, Nelly Olin vient aujourd'hui dans les Hautes-Alpes. Elle rencontre les éleveurs ce matin et participe au groupe " Loup " l'après-midi. Journée chargée.
Avant son arrivée au ministère de l'Écologie, elle n'avait guère fait parler d'elle. À 64 ans, Nelly Olin comptait certes 20 années de politique à son actif, mais son portefeuille précédent, ministre déléguée à la lutte contre la précarité et l'exclusion, ne l'avait guère amenée sur le devant de la scène. Il est vrai que son ministère de tutelle, celui de l'Emploi, du Travail et de la Cohésion sociale, était déjà tenu par Jean-Louis Borloo, un personnage dont la médiatisation ne laissait guère de place à ses collaborateurs.
Mais en à peine deux mois, Nelly Olin a rattrapé le temps perdu. La nouvelle de son arrivée au ministère de l'Écologie avait été accueillie avec quelque scepticisme ; qu'à cela ne tienne, moins de trois semaines après son arrivée, les premières mesures tombent, marquant une inflexion notable dans le dossier " Loup ".
Outre l'augmentation du quota de canis lupus à abattre dans l'arc alpin, la ministre permet aux éleveurs - sous certaines conditions - d'effectuer des tirs d'effarouchement, voire de tuer le loup. Des décisions qui en font rapidement une ministre de l'Écologie populaire auprès des éleveurs... et une ministre anti-écologie auprès de certains défenseurs de l'animal protégé.
Mais les mesures n'ont pas suffit à enrayer la prédation. Depuis un mois, les attaques attribuées au loup par les éleveurs se sont multipliées. Le Dévoluy semble particulièrement touché. Une situation que certains défenseurs du loup expliquent par le manque de moyens de protection sur les estives. " Dans les massifs où le loup est en cours de colonisation, la prédation est plus importante parce que les éleveurs ne sont pas encore équipés ", explique Jean-David Abel, membre de France Nature Environnement.
Des propos que beaucoup d'éleveurs ne veulent pas entendre. Pour eux, pastoralisme et loup sont incompatibles, et ce n'est certainement pas à eux de faire une place au canidé. La mort d'un loup en Savoie, abattu par un éleveur début juillet, est loin d'avoir calmé des esprits qui commencent à s'échauffer sérieusement. Dans la vallée de l'Ubaye (Alpes-de-Haute-Provence), certains éleveurs avaient tenté d'organiser une battue fin juin. La semaine dernière, plusieurs maires de Haute-Maurienne (Savoie) ont signé un arrêté - sans valeur juridique - autorisant " les chasseurs agréés à accompagner les éleveurs d'ovins sur tout le territoire (de ces communes), y compris dans le parc de la Vanoise, jusqu'à ce que les problèmes posés par le prédateur soient résolus ".
La première visite de terrain de Nelly Olin dans le dossier " Loup " intervient en plein milieu de la saison des estives. C'est la députée UMP Henriette Martinez qui, dès la nomination de la ministre, l'avait invitée sur sa circonscription. Une invitation renouvelée à l'occasion de la dernière réunion du groupe " Loup ".
L'objectif du comité national est de faire le point sur les mesures prises par le ministère de l'Écologie au mois de juin. Mais au-delà de cette réunion, la venue de la ministre vise aussi certainement à calmer les esprits des éleveurs. Reste à savoir l'accueil que lui réserveront les acteurs du monde pastoral, mais aussi les représentants départementaux des défenseurs du loup, que personne n'a cru bon d'informer de la visite ministérielle.
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Le Klan du Loup