« Nos voisins sont plus efficaces »
René Blanchet
Guy GinonApasecPublié: 01 août 2005
Président de l'association européenne pour le pastoralisme, René Blanchet (Isère) précise les décisions des pays voisins.
- On évoque souvent les dégâts du loup en France. Comment cela se passe-t-il dans les autres pays d'Europe ?
«La situation est grave dans les Alpes et se détériore chaque année davantage. Le nombre de troupeaux attaqués augmente et le loup étend son territoire. Nos voisins ont déjà pris des décisions. En Suisse, berceau de la Convention de Berne, la Confédération a donné aux régions la possibilité d'abattre le loup. Le résultat est là : pas de loup en Suisse. En Italie, qui a toujours conservé des loups, les éleveurs sont farouchement opposés au loup et ont une forme différente d'élevage, proche de celle que nous développions il y a une trentaine d'années, avec gardiennage familial et obligation de rentrer les brebis la nuit. En Espagne, où l'on compte un nombre important de loups, les prédateurs ont été stoppés au centre du pays par des abattages et sont repartis vers le sud».
- Face à la prédation due au loup, quelle est la position de votre association ?
« La position de l'association, pour la France, est de tirer le loup dès qu'il approche d'un troupeau. Un tir réalisé par l'éleveur ou un ayant droit, par l'administration ou par les chasseurs. Les membres de la commission parlementaire ont apporté la même conclusion jugeant incompatible sur le même territoire la présence du loup avec celle des troupeaux ovins, caprins ou bovins. Le Gouvernement n'a pas suivi cette conclusion. Nous appliquerons donc notre politique. Par ailleurs, si les écologistes jugent les loups indispensables, nous nous proposons de lâcher trois ou quatre couples de loups dans les forêts parisiennes. Cela permettra aux écologistes et à quelques technocrates d'espérer voir des loups et d'éviter de polluer avec leurs voitures pour venir découvrir des loups invisibles dans les Alpes ».
Propos recueillis par Guy Ginon